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Retour du personnel à Genève au télétravail à temps plein à partir du 19 octobre 2020

Category : Actualités

À compter du lundi 19 octobre 2020 et pour une période initiale de quatre semaines, l’ensemble du personnel à Genève reviendra au télétravail à temps plein, à l’exception du personnel désigné.


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Liste des anciens fonctionnaires décédés entre janvier et septembre 2020

Category : Message68

Informations transmises par le BIT entre janvier et septembre 2020.

Le Bureau de la Section des Anciens adressent ses condoléances aux familles des personnes décédées, étant dans l’impossibilité d’envoyer des condoléances plus personnalisées.

Mme Vve BERNA-LUGON Bernadette 25.01.20
Mme BLANCHET Colette 28.01.20
Mme Vve BOISARD Helga 19.02.20
Mme BONNIN Andrée 27.06.20
M. BOUVIER Claude 29.12.19
M. BROGGINI Jean 17.12.19
M. CUMMINGS San Sam Ward 31.12.19
M. DAIDONE Angelo Luigi 05.01.20
Mme DULAC Annie 11.04.20
M. FLUGEL Jean 02.01.20
Mme GALLEY Mary 26.05.20
M. HEALY John 17.05.20
M. INFANTE Barra Ricarda 21.06.20
Mme JANSSENS Shirley 17.12.20
Mme JUTTER Marianne 19.10.19
Mme KARAVASIL Joséphine L. 27.07.20
Mme Vve KLIESCH Evelyn E. 20.07.20
Mme LEES-BECERRA Maria Angeles 05.08.20
M. LUEBBE Heinz 28.05.20
M. MARDSEN Keith 14.05.20
Mme MASS Clarine Rosa 10.04.20
M. MAURER Gérard Otto 31.12.19
M. MILA Pierre 11.05.20
Mme Vve MOLTEDO Castanaô Cecilia 30.07.20
M. NARASIMHAN Venkatraman 18.12.19
Mme NIEGEMEIER Olive Eleonor 15.07.20
M. PALLUD Jean 09.09.20
M. PETROV Nikolaï 06.06.20
Mme PIBOULEAU Olga D. 23.07.20
M. PREMARATINE Amarawansa 06.08.20
M. PRICE Stanley Alfred 07.04.20
Mme RAFFESTIN Hélène 15.12.19
Mme ROSSIER Marie-Thérèse 11.04.20
M. ROSSILION Claude 14.12.19
M. SABORIT Francisco 30.11.19
Mme SCHWYZGUEBEL Tatiana 18.01.20
M. SERBITZER Jurgen 08.08.20
Mme SHARMA Ram 36.05.20
M. SINGLA Prem Prakash 19.05.20
Mme SOLOWICZ Esther 07.10.19
Mme Vve TACCHI Galparoli Maria Amunta 14.06.20
M. TESTA Ignazio 06.09.20
M. TCHALYKH Leonid 14.11.19
Mme WALKER Grace Catherin 26.04.20

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Rapport d’activités 2019-2020

Category : Message68

Présenté à l’Assemblée générale du Syndicat du personnel de l’OIT le 15 octobre 2020 par François Kientzler, Secrétaire exécutif de la Section des anciens fonctionnaires.

Ce rapport de la section des Anciens, compte tenu de la pandémie en cours est particulier. Les membres du Bureau de la Section des anciens du syndicat n’auront pas pu accéder à leur bureau durant 6 mois, soit de la mi-mars 2020 jusqu’au 17 septembre. Ce jour-là, François Kientzler, Secrétaire exécutif de la Section, après avoir suivi l’ensemble du protocole en vigueur a obtenu l’autorisation d’accéder au BIT. Les membres du Bureau se sont réunis pour la première fois depuis le début de la pandémie le mercredi 23 septembre à l’extérieur du BIT.

Nous souhaitons, en premier lieu rendre hommage à notre regretté Nari (Venkataraman Narasimhan), décédé en décembre 2019, qui a été un fidèle trésorier de la Section des Anciens depuis son départ à la retraite après avoir été trésorier du Syndicat du BIT durant de très longues années. Il était connu des tous les anciens du BIT et il a assumé ses responsabilités de trésorier jusqu’à ce que les forces et la vie l’aient quitté. Nous le regrettons beaucoup.

Durant tous ces mois passés sans accès au BIT nous avons pu maintenir nos contacts avec nos membres et le syndicat, en particulier avec Catherine Comte, Présidente, et son secrétariat. La Section des anciens disposant d’un bureau et de l’accès au système informatique du BIT a pu continuer à consulter l’intranet du BIT et sa boîte de courrier électronique à partir de l’extérieur comme les employés actifs en télétravail. Aussi nous avons pu répondre à tous les mails qui nous ont été adressés et prendre connaissance des préoccupations et parfois des remerciements qui ont été exprimés par de nombreux retraités. Nous avons pu accéder à toutes les informations diffusées par le BIT via l’intranet, communiquer par mail avec nos adhérents et leur faire un courrier postal au mois d’août. Toutefois nous n’avons pu accéder à nos fichiers que depuis mi-septembre ce qui n’a pas permis les mises à jour requises et surtout l’avancement dans la publication d’un nouveau numéro de Message que nous publions dans un premier temps sur notre site web.

Des représentants du Bureau de la Section ont assisté comme chaque année à l’Assemblée générale du Syndicat du mois de février. Compte tenu de la pandémie l’événement conjoint actifs-retraités prévu au printemps pour fêter le Centenaire du Syndicat n’a pas pu se réaliser à ce jour. Toutefois un lien a été établi sur notre site web avec le blog du Syndicat relatant les interviews des anciens Présidents du Syndicat qui devaient participer à cette célébration.  La Section réaffirme sa volonté d’être plus présente auprès des retraités des régions pour les aider à se structurer et est prête à mettre de l’espace du site web de la Section à leur disposition. Elle compte sur les délégués syndicaux régionaux pour faciliter cette collaboration. La Section a continué à recevoir des informations notamment sur la Caisse des pensions via l’AAFI-AFICS de Genève et a participé à 2 visio-conférences de son Conseil.

Notre site web, hébergé à l’extérieur du BIT a pu régulièrement être alimenté grâce à Azéddine Sefrioui, notre webmaster avec des informations que nous avons obtenues de l’intranet du BIT et du Syndicat. Les éléments statistiques sur le nombre de visiteurs du site nous ont montré son importance, près de 500 au mois d’août. Nous avons posté plusieurs articles qui devraient paraître dans le numéro 68 de Message. A ce propos, Ivan Elsmark, éditeur durant plus de 20 ans de Message a cessé son engagement régulier et nous sommes à la recherche d’un autre éditeur. Nous envisageons une nouvelle formule de cette publication. Nous y avons aussi posté les 2 derniers numéros de Message (65 et 66-67) qui n’ont pas à ce jour été archivés par la Bibliothèque du BIT.

En effet, l’année 2020 devait marquer un tournant dans l’organisation et le fonctionnement du Bureau de la Section. Notre fidèle secrétaire depuis de longues années, Marianne, a cessé ses activités fin décembre 2019 et nous ne souhaitions pas la remplacer pour des raisons d’économie et aussi car la plupart des membres du Bureau maîtrisent l’outil informatique ; nous disposons d’ailleurs de trois PC. Deux nouveaux membres venaient de rejoindre le Bureau et ils ont été confirmés dans leur désignation lors des élections de fin d’année 2019, Carmen Sottas et Guy Bezou. John Myers a été coopté en ce début d’année 2020 comme deux places au Bureau étaient vacantes. Nous les félicitons tous les trois mais malheureusement ils n’ont pas pu exprimer à ce jour leur plein talent et engagement auprès des membres de la Section. La réunion du Bureau de la Section du 23 septembre a fait le point sur les contraintes de fonctionnement mais aussi des sujets d’actualité et récurrents à savoir la protection maladie et la santé des retraités et les questions de pension.

Afin de diversifier les possibilités de transmission des feuilles de remboursement des soins la CAPS a étendu au printemps 2020 aux retraités la possibilité de la transmission électronique des feuilles de soins. Elle devrait être d’un atout important pour les retraités des pays hors de Genève qui disposent d’un accès internet et qui l’utilisent. Une période de test avait été proposée à certains retraités et à présent le système est étendu à la totalité des retraités. Toutefois la transmission par courrier ou le dépôt direct au BIT des demandes de remboursement restent possibles et se poursuivra. Le Bureau n’a pas encore fait le bilan de cette innovation avec le Secrétaire exécutif de la CAPS qu’il souhaite inviter à une prochaine réunion.

Nous avons continué à contacter tous les fonctionnaires partant à la retraite dont la liste nous est fournie chaque mois par l’administration ; ceux-ci n’étaient pas très nombreux cette année. Nous avons enregistré plusieurs adhésions à la Section. L’administration du BIT nous envoie de même les avis de décès d’anciens fonctionnaires ou de leurs conjoints dont elle a connaissance ; nous établissons chaque année une liste des personnes retraitées du BIT décédées, anciens fonctionnaires ou conjoints ayants-droit ; nous l’avons publiée sur notre site. Malgré la pandémie du coronavirus nous avons enregistré un nombre signifiant de décès moindre que les années passées à cette même période. Ceci peut-être à cause de la prudence des aînés durant cet période de pandémie.

Enfin, si certains retraités membres de la Section sont décédés, d’autres ont adhéré à la Section et d’autres encore ont changé d’adresse. Compte tenu du fait que nous n’avons pu accéder que récemment au BIT nous n’avons pas pu mettre à jour nos fichiers comme nous l’aurions souhaité. Mais la porte d’entrée au BIT a été de nouveau franchi et cette tâche nous attend. Nous espérons, en restant prudents et en suivant les consignes de protection, pouvoir reprendre une activité plus normale et régulière. Le Bureau de la Section s’est réuni à Gex dans un local d’une association ; cette situation ne peut être que provisoire pour nous. Nous espérons pouvoir réintégrer nos locaux du BIT le plus tôt possible mais, bien sûr, en respectant toutes les protections et dispositions de santé notamment des plus âgées que le BIT a mises en place.


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Interview avec les anciens présidents du Syndicat du personnel

Category : Actualités

Pour le centenaire de l’OIT, le Syndicat du personnel dans le cadre de son blog a entrepris la réalisation d’interviews avec les anciens présidents du Syndicat.


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Nouvelles du retour bureaux au siège du BIT – 28 août 2020

Category : Actualités

Extrait Intranet BIT 28 août 2020

Statut actuel pour le retour au bureau

  • Les 310 membres du personnel autorisés à intégrer cette prochaine étape porteront à environ 830 personnes le nombre total de celles et ceux ayant obtenu le feu vert médical et celui de HRD pour revenir au bureau, un maximum de 700 personnes (soit 56% de l’ensemble des membres du personnel au siège) étant autorisées à se trouver en même temps dans le bâtiment. Cette limite a été déterminée à la suite d’une évaluation rigoureuse des mesures de santé et de sécurité, en particulier la nécessité de respecter partout une distanciation physique de 2 mètres.
  • Les membres du personnel qui n’ont pas reçu l’autorisation de revenir au bureau continueront le télétravail et celles et ceux qui suivent un système de rotation alterneront entre télétravail et présence au bureau.
  • Le personnel de l’UNICEF qui s’installera dans le bâtiment du BIT suivra une démarche similaire à celle du BIT.

Outil en ligne dédié à l’horaire d’arrivée au siège:

  • Afin de permettre de coordonner les heures d’arrivée ainsi que l’utilisation de la cafétéria, les membres du personnel devront indiquer leurs horaires préférés d’arrivée et de pauses en utilisant un outil en ligne dédié à cet effet.
  • Ce nouvel outil constitue une mesure supplémentaire de sécurité afin d’optimiser le respect des mesures de distanciation physique pendant les périodes d’affluence. Opérant de manière anonyme, il contribuera à limiter le nombre de personnes arrivant ou déjeunant à la même heure.
  • Afin de faciliter l’étalement des arrivées et des départs du siège, les horaires de travail obligatoires ont été suspendus. Cependant, l’ensemble du personnel doit effectuer un horaire hebdomadaire habituel de travail de 8 heures par jour, ou 40 heures par semaine, quelle que soit l’heure d’arrivée.

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Le BIT hors des écrans radar / Michel Voirin

Category : Message68

C’est souvent par la presse que les retraités résidant hors de Genève ont des nouvelles du BIT. Les lecteurs du journal Le Monde ont ainsi pu prendre connaissance le 20 mars 2020 d’une étude « de l’OIT » (le BIT n’étant pas cité) concernant les conséquences du coronavirus sur l’emploi dans le monde, mais ils n’ont sans doute pas manqué de tiquer, comme moi, en voyant une fois de plus le DG qualifié de Directeur général de l’OIT. Ce n’est certes pas la première fois que cette appellation apparaît dans la presse même si c’est encore assez récent. J’avais d’abord cru à la méprise d’un journaliste mais un sondage dans le Guardian en ligne m’avait montré que la pratique était généralisée et ne faisait sans doute que refléter des communiqués du service de presse du BIT. Les observateurs extérieurs apprennent d’ailleurs, toujours par les médias, que le changement ne se limite pas au DG et que les chefs d’unités administratives du Bureau, lorsque leur activité est évoquée, se disent eux aussi, « de l’OIT ».

Le recul pris par les retraités par rapport au Bureau et à ses instances dirigeantes les autorise à s’interroger dans les pages de Message sur les raisons, le bien-fondé et la portée du nouvel usage. S’agit-il d’harmoniser l’appellation du Directeur général avec celles des chefs de Secrétariat des autres institutions spécialisées de la famille des Nations-Unis ? ou de chercher à donner plus de poids au DG en se référant à l’OIT ? Un tel changement a malheureusement pour contrepartie, qu’on le veuille ou non, d’occulter le BIT. Il revient à considérer comme négligeable l’identité qu’avaient conférée au Bureau les fondateurs de l’Organisation, car, au-delà du titre emblématique du Directeur général, c’est la spécificité même du Bureau qui est en cause. Un tel changement aboutit à ravaler au rang de simple Secrétariat l’institution hautement réputée qu’il était advenu sous l’impulsion et la lancée d’Albert Thomas, et dont l’expertise, référence obligée, était universellement reconnue. Aurais-je donc passé l’essentiel de ma carrière dans une institution fantôme ? Le BIT cède, il est vrai, du terrain à l’OCDE dont les travaux, qui concerne les membres de celle-ci. Mais, à la retraite pour ma part depuis 1990, je ne puis témoigner que de la période que j’ai connue.

Soyons clairs : l’appellation « Directeur général de l’OIT » est dépourvue de tout fondement car le poste correspondant n’existe pas. La pérennisation de cette nouvelle appellation serait même contraire à la constitution de l’OIT, qui dispose en son article 2, faut-il le rappeler, que l’Organisation comprend une Conférence générale, un Conseil d’administration et le Bureau international du Travail sous la direction d’un Conseil et, en son article 8, que le Directeur général est désigné par le Conseil d’administration.

Rien n’interdirait, bien sûr, d’amender la constitution. Je ne sache pas qu’une procédure en ce sens, dont le déroulement pourrait se révéler long, ait été engagée. Je doute même que le Conseil d’administration serait enclin à mettre à l’ordre du jour de la Conférence un projet d’amendement qui reviendrait à diminuer ses propres prérogatives. La réforme impliquerait en effet la nomination du Directeur non plus par le Conseil mais par la Conférence comme dans les autres institutions spécialisées. Si tel était le cas, un candidat issu d’une confédération internationale de travailleurs aurait d’ailleurs à l’avenir moins de chance d’être désigné car, comme chacun sait, les représentants des travailleurs comme ceux des employeurs ont moins de poids à la Conférence qu’au Conseil par rapport à ceux des gouvernements, étant donné la différence de répartition des sièges entres les groupes.

Les tenants et aboutissants d’un changement d’appellation du Directeur général et, à sa suite, des services du Bureau ont-ils été évalués ? Il est permis d’en douter et de penser qu’on ne s’est pas embarrassé de la légalité ou plutôt de la constitutionalité de cette opération. Comme le BIT est la seule composante permanente de l’Organisation, beaucoup en viennent, il est vrai, parfois à penser qu’il incarne l’OIT. Mais explication n’est pas justification et un changement de titulature du Directeur général ne peut être fondée sur une confusion. Faute d’amendement de la constitution elle-même, ce que personne semble-t-il n’a envisagé, ce changement de titre ne peut être qu’une pratique et ne revêt aucun caractère définitif bien que des habitudes se prennent. En interne, même si certains membres du personnel sont peut-être conscients de l’inconséquence de la nouvelle titulature, ils ne se sont bien sûr pas hasardés, on le comprend, à reconnaître que « le roi est nu » ; quant aux nouvelles générations d’actifs voire de retraités qui ne sont sans doute pas conscientes de la notoriété et de la réputation du BIT ainsi que du capital que cela représente, elles ne mesurent peut-être pas non plus que la nouvelle pratique récente conduit à la disparition du Bureau de la scène internationale par sa sortie, en quelque sorte, des écrans radar. On ne saurait pourtant pas assez souligner que l’existence et la spécificité du Bureau international du Travail constituent, de même que le tripartisme, une particularité qu’il convient d’assumer et non d’occulter.


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Comment le Bureau international du Travail s’est installé à Genève ? / Pierre Sayour

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L’article « Comment le Bureau international du Travail s’est installé à Genève ? » est paru dans le numéro 48 d’octobre 2019 de la Revue Passé Simple, mensuel romand d’histoire et d’archéologie’ sous le titre « Le Bureau international du travail ancre la vocation internationale de Genève » :

http://www.passesimple.ch/anciens_num.php.

C’est avec l’accord de la revue que nous le publions.

En 2019, le Bureau international du Travail (BIT) a fêté ses 100 ans. L’organisation fait partie du paysage genevois depuis 1920. Après la première guerre mondiale, la population du canton de Genève ne dépasse pas 200 000 âmes. Pourquoi le BIT s’installe-t-il dans cette ville et non dans une capitale de l’importance de Paris, de Londres ou de Bruxelles? Cette décision a toute son importance puisqu’elle contraint la Société des Nations (SdN), devenue l’Organisation des Nations Unies (ONU), à prendre également ses quartiers à Genève.

Le Traité de Versailles – 1919

En 1919, à la suite de la première guerre mondiale, les Alliés et les vaincus se retrouvent dans le cadre de la Conférence de Paris afin d’élaborer des traités de paix. Les discussions aboutissent à la signature du Traité de Versailles le 28 juin 1919. Au sein de cette conférence, la Commission de la législation internationale du travail prépare la partie XIII du Traité de Versailles, celle qui instaure l’Organisation internationale du Travail (OIT). Cette commission se compose de délégués de plusieurs pays. Ceux de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis y sont particulièrement actifs et influents; de plus ils sont accompagnés de représentants d’organisations de travailleurs et d’employeurs. Le traité de Versailles fonde l’OIT. Le BIT en constitue le secrétariat et la Conférence internationale du Travail l’organe suprême. Le traité précise que «le Bureau international du travail sera établi au siège de la Société des Nations et fera partie de l’ensemble des institutions de la Société» et qu’il «sera placé sous la direction d’un Conseil d’administration». Par ailleurs le document stipule que cette organisation sera tripartite, comportant dans ses instances des représentants des gouvernements, d’organisations syndicales et d’employeurs, et que «la première session de la Conférence aura lieu au mois d’octobre 1919».

Depuis la fin du XIXe siècle, nombres d’institutions et de personnes s’intéressent aux conditions de travail (temps de travail, sécurité dans les usines, conditions de travail des mineurs, des marins, des femmes, des enfants…). Après la Grande Guerre et ses 18,5 millions de victimes et après la révolution russe de 1917, les pays vainqueurs ne peuvent plus écarter la question sociale dans leurs discussions. Ils savent qu’il n’y aura pas de paix durable sans justice sociale.

Albert Thomas

La première Conférence internationale du Travail se tient à Washington en novembre 1919. En janvier 1920, le Conseil d’administration élit Albert Thomas Directeur. Albert Thomas est français, député socialiste et un ancien ministre de l’armement pendant la Grande Guerre. Doté d’une personnalité énergique, il insuffle son dynamisme à la nouvelle organisation. La petite équipe du Bureau s’installe à Londres dans une résidence privée. Elle compte déjà en son sein deux futurs directeurs du Bureau, Harold Butler (1883-1951) et Edward Phelan (1888-1967). Ils ont d’ailleurs joué un rôle de premier plan lors de cette première session de la Conférence. Tous deux ont fait partie de la délégation du Royaume-Uni à la Conférence de la Paix de Paris. Durant cette période, les fonctionnaires du Bureau doivent suivre le mouvement des réunions et siéger à Washington, à Paris et à Londres.

Albert Thomas souhaite mettre fin aux voyages incessants du Bureau. Au printemps 1920, raconte son futur chef de cabinet Marius Viple (1891-1949), «il était décidé à faire un coup d’éclat pour installer coûte que coûte ses services à Genève». Albert Thomas livre alors son analyse de la situation:

«La partie sera rude car le Secrétaire général de la SdN et ses collaborateurs politiques sont contre Genève. Le Conseil Exécutif de la SdN et le Conseil Suprême des Alliés dirige toute la manœuvre. J’ai pour moi le Traité de Paix, qui déclare que le siège de la SdN sera établi à Genève, mais qui prévoit également que le Conseil de la SdN peut, à tout moment, décider de l’établir en tout autre lieu. Or, le Président Wilson n’est plus là pour défendre la ville qu’il a choisie. Et il est clair maintenant que les Etats-Unis ne participeront pas à la SdN qu’ils ont pourtant si puissamment contribué à créer. La volonté arrêtée des Gouvernements qui comptent est maintenant de substituer Bruxelles à Genève, car Bruxelles est plus près de Londres et de Paris, et les Cabinets anglais et français entendent bien en profiter pour tenter de prendre le gouvernement des organisations internationales naissantes. Et c’est ce que je suis bien décidé à éviter à tout prix. L’heure est venue pour moi de dénoncer publiquement toutes ces intrigues.»

Le Traité de Versailles stipule que le BIT devait avoir son siège au même endroit que la SdN. Albert Thomas propose à la SdN que le siège du BIT soit transféré de Londres à Genève, mais Sir Eric Drummond, le premier secrétaire général de la SdN, est opposé à ce choix. Albert Thomas défend alors avec détermination son choix devant son Conseil d’administration: «Un changement de siège serait de nature à aliéner l’adhésion d’un certain nombre d’Etats qui voient dans le choix de Genève la preuve d’un désir d’impartialité… Nous déclarons clairement que nous ne pouvons sacrifier l’avenir et l’existence même du Bureau à cause d’hésitations et de calculs du Secrétariat de la Société des Nations ou du Conseil.»

Lors de sa troisième session à Londres en mars 1920, le Conseil d’administration approuve un budget de GBP 41 500 pour le transfert du Bureau à Genève et le 16 mai 1920, la Suisse se prononce en faveur de l’adhésion de la Confédération à la Société des Nations. La SdN et son secrétaire général n’en continuent pas moins à souhaiter une autre ville-siège, Bruxelles. Le Traité de Paix stipule que la première assemblée de la Société des Nations devait être convoquée par le Président des États-Unis, Woodrow Wilson. Ce dernier envoie un télégramme à Sir Eric Drummond le 16 juillet 1920: «A la requête du conseil de la Société des Nations demandant que je convoque une réunion de l’Assemblée de la Société des Nations, j’ai l’honneur, conformément aux dispositions de l’article 5 de la Convention de la Société des Nations, d’inviter l’Assemblée de la Société à se réunir dans la ville de Genève, siège de la Société, le 15 novembre 1920, à 11 heures.» C’est ainsi que s’affirme le rôle prépondérant de Genève en tant que ville destinée à accueillir de nombreuses organisations et agences internationales. Albert Thomas a contribué à cette dynamique et par cette action, l’OIT a également affirmé une indépendance dans ses actions face à la SdN.

Il est aussi vrai que la création du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Genève en 1863 et son développement considérable pendant la première guerre mondiale ont préparé le terrain.

C’est ainsi que le Bureau déménage en juillet 1920 au bâtiment de la Châtelaine à Genève, aujourd’hui occupé par le CICR. Cette bâtisse abritait l’ancien Pensionnat Thudicum, du nom de la famille qui l’avait créée. Celle-ci devenant trop petite, un nouveau bâtiment est construit en 1926 au bord du lac Léman. Durant la deuxième guerre mondiale, sous la direction de John Winant, pour des raisons de sécurité, une partie du personnel doit quitter Genève en mai 1940 et s’installe dans des locaux de l’Université McGill à Montréal (Canada). De par les termes de la Constitution, le Bureau ne peut pas légalement quitter Genève et doit rester dans la même ville que la SdN. Le Bureau poursuit donc ses activités sous le titre de «Centre de travail» auprès de nombreux pays durant la guerre. M. Edward Phelan devient en 1941 le quatrième Directeur général du Bureau.

Dans les années soixante, le Bureau comprend plus de 2 000 collaborateurs et le bâtiment de la rue de Lausanne devient trop exigu. Le BIT se voit notamment contraint de louer des locaux au Grand-Saconnex. En 1969, le Bureau entreprend la construction du bâtiment qu’il occupe depuis 1973. Il s’agit d’une construction de 13 étages, de 200 mètres de long en forme de lentille concave divergente. Cette structure est due aux architectes E. Beaudoin (France), P.L. Nervi (Italie) et A. Camenzind (Suisse). La bâtisse reste encore aujourd’hui d’une grande originalité architecturale. Sa rénovation récente confirme sa modernité. De par son emplacement, les fonctionnaires peuvent profiter d’une magnifique vue sur Genève et sur ses environs.

Sources

«Les singulières mais prodigieuses années du BIT» par Marius Viple, paru dans Message no 65, 2019.

«Le Bureau international du Travail à Genève a cinquante ans» par Henri Villy, paru dans Union, 1970.

«Comment le BIT a ouvert la voie de Genève à la Société des Nations» par Yvan Elsmark, paru dans Lettre aux anciens fonctionnaires (Section des anciens fonctionnaires du Syndicat du Personnel du BIT), no 26, déc. 1999.

Procès-verbal de la troisième session du Conseil d’administration du BIT (mars 1920).


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Covid-19 – Dernières nouvelles de la part du Syndicat – 8 juillet 2020

Category : Actualités

Au siège, cette semaine de juillet voit débuter la phase 3 du retour au bureau et enfin le bâtiment reprend un peu vie. Après une certaine cacophonie la semaine dernière, les modalités de cette phase 3 ont fait l’objet de certaines clarifications de la part de l’administration, à la demande du Syndicat. Selon ce dernier, les maîtres mots d’un retour réussi échelonné sont : clarté, transparence et équité. Si, à votre niveau, ces 3 critères ne sont pas remplis, alors agissez : posez des questions, demandez à voir les listes actualisées de qui est supposé rentrer et selon quels critères car il semblerait qu’un déficit de communication persiste. Et surtout, si vous vous apercevez le jour de votre rentrée au BIT que la personne avec qui vous partagez le bureau se trouve également présente (ce qui ne doit pas être le cas car 2 personnes ou plus dans un bureau doivent faire l’objet d’une rotation hebdomadaire obligatoire), exercez votre droit de retrait.

Un avenir incertain pour le centre de Turin qui requiert notre solidarité

Vous ne le savez peut-être pas encore : le centre de formation de Turin est dans la tourmente. Ses revenus se fondent principalement sur les formations et une contribution du gouvernement italien. Aujourd’hui, les revenus se tarissent et le centre cherche des solutions pour survivre.

Le centre a donc dû commencer à se réinventer en proposant de nouveau produits et services adaptés à la situation et en cherchant des sources de fonds alternatives. Une meilleure employabilité du centre peut être envisagée par l’OIT elle-même et nous savons que l’administration y travaille. Mais un nouveau modèle d’affaire doit s’accompagner d’un dialogue social fort et fiable pour faire face à la situation difficile. Le personnel doit être impliqué dans cette nouvelle stratégie.

C’est pourquoi le Syndicat du personnel de l’OIT se joint au Syndicat du personnel du centre de Turin, sous la bannière « Une seule OIT » pour les accompagner et les soutenir dans toutes les démarches futures avec leur administration et appelle notre administration OIT à faire le maximum, pour sauver le centre et l’ensemble de son personnel qui a traversé de nombreuses épreuves pendant cette période.

Décision du TCANU (UNDT)

La décision du Tribunal du contentieux administratif des Nations unies concernant la plainte de nos collègues des Nations unies sur l’ajustement de poste de Genève a été rendue publique le 30 juin 2020. La plainte a été rejetée (voir le jugement ici).

C’est une mauvaise nouvelle car elle met définitivement l’avenir du système commun des Nations unies en péril et a des répercussions sur l’ensemble du système salarial onusien dans le monde entier. Les principes Noblemaire et Flemming sont en grave danger. Votre Syndicat doit analyser en détail ce jugement, prendre rapidement contact avec l’ensemble des associations et syndicats et des fédérations de personnels du Système commun pour discuter et décider de la prochaine stratégie à venir mais il est clair que l’avenir ne sera pas radieux et des luttes fortes sont à envisager.

Le Syndicat attend aussi de l’administration une information et/ou une position dans les meilleurs délais à ce sujet.


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Communication du Bureau des Anciens du 15 juin 2020

Category : Actualités

Chers collègues membres de la Section des Anciens,

Plusieurs mois de pandémie du coronavirus ont grandement modifié les habitudes de vie de la majorité d’entre nous. Si le virus est en recul dans de nombreux pays ce n’est malheureusement pas encore le cas partout et les risques de reprise de la maladie existent malgré les efforts que nous faisons tous en respectant les consignes de nos gouvernements.

Comme vous le savez les fonctionnaires du BIT dans tous les bureaux à travers le monde sont essentiellement en télétravail à leur domicile. Donc l’accès aux bureaux est très limité; il en est ainsi à Genève. Un retour qualifié de « graduel, progressif et échelonné » dans les bureaux est prévu selon les dispositions de l’Avis du Directeur général IGDS No 567 du 28 mai 2020.

Les membres du Bureau (Exécutif) de la Section des anciens n’ont pas pu accéder physiquement à leur bureau du BIT depuis la mi-mars. Toutefois nous pouvons consulter les courriers électroniques dans notre boîte mail (anciens@ilo.org), accéder à l’intranet du BIT et continuer à actualiser notre site web qui est hébergé dans une société extérieure au BIT.

Aussi continuez à nous contacter par mail et courrier postal quand cela est nécessaire, ce dernier étant transmis à un collègue des Anciens. Vous pouvez aussi consulter notre site web (http://www.anciens-bit-ilo.org) où nous postons les informations qui pourraient vous être utiles.

Restez en bonne santé. Nous avons durant cette période enregistré plusieurs adhésions à la Section et constaté aussi que les décès qui nous sont signalé par l’administration ne sont pas supérieurs à ceux de la même période de l’année passée.

Le Bureau des Anciens attend de reprendre ses activités dans son cadre habituel, mais reste à votre disposition, si nécessaire, durant cette période de restriction.

Des salutations cordiales vous sont transmises par les membres du Bureau de la Section des Anciens.


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